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La Révolution d’un seul brin de paille, à lire absolument !

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Quiconque cultive des légumes sur son lopin de terre rêve de jardiner sans se fatiguer. Pendant 50 ans, dans sa ferme du Japon, Masanobu Fukuoka a transformé ce rêve en réalité. Il partage ses secrets dans son ouvrage La Révolution d’un seul brin de paille. C’est un récit sur l’agriculture ; mais pas seulement.

Ce précurseur de la permaculture nous transmet un témoignage philosophique sur la place de l’homme dans la nature.

Quarante ans après leur publication, ces écrits sont toujours d’actualité. Masanobu Fukuoka propose une solution tellement simple pour augmenter les rendements du potager -en diminuant la charge de travail- qu’elle en est déconcertante. Les conséquences de sa mise en œuvre sont aussi les raisons de son impossible réalisation à grande échelle : un changement global de la société.

Dans cet article, on vous parle des 3 principaux enseignements de Masanobu Fukuoka dans son combat pour l’agriculture sauvage.

Mais pourquoi tu nous parles de ce livre sur ton site Maude ? 🤔

Pour une fois, j’avais envie de vous parler d’un livre qui n’a rien à voir du tout avec les thématiques que l’on retrouve généralement sur Gaïamamart : symboles, fleur de vie, zen et travail artistique.

Mais si j’ai décidé de vous présenter cet ouvrage, c’est que je l’ai ADORÉ.

Je pense qu’il peut concerner les lecteurs de ce blog car il parle de nature, de vie, de manières de voir le monde. Il nous concerne tous, et plus particulièrement les personnes qui recherchent un sens à leur vie, qui sont partisans du changement et qui œuvrent tous les jours à leur échelle pour changer leurs modes de consommation / production.

C’est parti ?

1- Les 4 fondements de l’ « agriculture du non-agir »

Masanobu Fukuoka sur sa terre au Japon

L’auteur de La Révolution d’un seul brin de paille donne les secrets qui lui ont permis d’enrichir sa terre, année après année. Dans les années 70, le Japon en plein « miracle économique » octroie des subventions et des prêts aux agriculteurs pour qu’ils puissent participer à la course aux rendements.

Masanobu Fukuoka préfère cultiver sa terre sans machines. Il prône une agriculture qui laisse à la nature la possibilité de trouver des stratégies pour combattre elle-même les maladies et se défendre contre les prédateurs.

Ainsi, le cultivateur se doit de :

Ne pas travailler le sol

La terre peut être fertile sans passer par un labourage et un retournement systématiques du sol. Ces actions, même si elles vous apparaissent essentielles pour laisser la place à vos légumes de croître, sont, au contraire, négatives pour la terre. Un paillage non ordonné et épais, associé à un semis d’engrais verts, permet de garder une terre meuble.

Ne pas utiliser de fertilisants

Depuis des millénaires, les plantes évoluent et se régulent sans apport d’un compost fatiguant à produire. Toutes ses heures passées à retourner les déchets verts, à aérer, sont un effort vain. Quant aux fertilisants chimiques, il va sans dire qu’il vaut mieux les bannir. A la place, Masanobu Fukuoka préconise l’usage des engrais verts.

Ne pas désherber

Il n’y a pas de mauvaises herbes. Certaines sont simplement plus envahissantes et ont besoin d’être régulées. La méthode que l’agronome propose est encore une fois le paillage (pour les empêcher de prendre le dessus) et l’utilisation des engrais verts (pour couvrir la terre avant la levée des plantes non désirées).

Ne pas utiliser de produits chimiques

Les produits chimiques tels les pesticides ne sont pas utiles dans l’agriculture. Dans ses champs, les scientifiques ont observé que la concentration de certains insectes perturbateurs était moins importante que sur d’autres parcelles chimiquement contrôlées. La raison ? Les insectes se régulent les uns les autres, leur densité évolue selon le climat.

2- Cultiver sans vous fatiguer : arrêtez de vous croire indispensable

La nature porte déjà ses armes pour se défendre

Masanobu Fukuoka travaille de nombreuses années comme microbiologiste. Il est aussi l’héritier d’une terre où poussent des agrumes. Depuis son enfance, il voit les hommes s’acharner à la tâche, s’évertuer à intellectualiser la taille ou l’entretien des plantes.

Sa théorie est que la vie contient en elle-même ses armes de défense. Il explique qu’au lieu de se demander si faire ceci ou faire cela serait bien, il se questionne sur la possibilité de NE PAS faire ceci ou cela.

Les arbres n’ont pas besoin de taille

Naturellement, les arbres trouvent des stratégies pour que chacune de leurs branches aient assez de soleil pour se développer. Les hommes ont pris l’habitude de les tailler, et cette erreur est irréversible. Un arbre taillé une fois deviendra dépendant et les maladies se développeront plus aisément. Si depuis la germination de la graine, aucune intervention humaine ne vient perturber sa croissance, les récoltes seront abondantes.

Les légumes se ressèment spontanément

Laissez pousser un poireau. Après environ six mois, vous verrez apparaître sa fleur. Quelques mois plus tard, les graines tomberont spontanément sur le sol. L’année suivante, vous ne saurez que faire de vos poireaux. Voici la stratégie de Masanobu Fukuoka. Il en va de même pour les courges et de nombreux autres légumes. C’est la théorie de la sélection naturelle.

3- Les Hommes ne sont pas prêts pour l’agriculture naturelle

L’Homme des années 70 n’était pas prêt…et aujourd’hui ?

Tout au long du livre La Révolution d’un seul brin de paille, Masanobu Fukuoka explique que les preuves de l’utilité et de la réussite de ses méthodes sont réelles. Les scientifiques les ont analysées, observées, commentées. Pourtant, l’humanité n’a toujours pas décidé de changer durablement sa vision sur l’agriculture. Pourquoi sa solution toute simple ne trouve-t-elle pas d’écho suffisant pour s’imposer ?

Nous protégeons précieusement notre place de dominant

Masanobu Fukuoka regrette que l’humain n’ait pas l’humilité de se replacer comme élément de la Nature au lieu de vouloir la dompter. Dans son modèle, les individualités et les égos n’existent pas : l’homme est spectateur.

Nous n’acceptons pas les solutions les plus simples

Pour résoudre les problèmes comme la pollution, les hommes, et les chercheurs en particuliers planchent sur des solutions compliquées. Comme l’homme est un être intelligent, il veut user de son intellect et les solutions simples et efficaces sont mises au rebut. Nous voulons toujours créer quelque chose de nouveau, qui rapporte de l’argent. L’ultra spécialisation des disciplines scientifiques empêchent les penseurs de regarder le monde d’un point de vue global.

Les lobbies agronomiques sont puissants

Masanobu Fukuoka n’emploie pas le terme de « lobby » mais explique que déjà les industriels n’acceptent pas qu’on remette en cause l’intérêt [économique] de l’agriculture intensive.

Devez-vous lire La Révolution d’un seul brin de paille ?

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Ce qu’il faut retenir de l’ouvrage de Masanobu Fukuoka, c’est que nous gagnerons à devenir humbles. Nous projetons des rêves de grandeur et de domination, nous pensons notre intelligence supérieure et apte à répondre à tous les problèmes.

Dans l’agriculture, Masanobu Fukuoka prouve que la nature porte en elle toutes les solutions aux problèmes rencontrés. Pour nourrir le monde, il suffit de laisser faire !

A propos de Maude

Co-Fondatrice de gaiamamart.com, je suis la principale rédactrice du site. Passionnée de géométrie et de symboles, j'ai hâte de tout partager dans ce blog.

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